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Notaires.  Des conseils gratuits au comptoir Des notaires au bistrot, l'image peut faire sourire. Il ne s'agit pas de l'hôtel des Trois Faisans de Jacques Brel, mais du bar Le Duclos, où des conseils gratuits seront prodigués aux particuliers, lundi matin. C'est le « conseil du coin ». Le Télégramme : vous proposez un « conseil du coin », lundi matin. De quoi s'agit-il ? Nicolas Lebettre : « C'est une initiative à l'échelle nationale, de notaires qui donnent rendez-vous aux particuliers, dans un bar, afin de délivrer gratuitement des conseils. Le but est d'aller à la rencontre du grand public et de casser les idées reçues sur notre profession : nous recevons tous les jours, dans nos études, des clients à qui nous donnons des conseils gratuits. Lundi matin, au bar Le Duclos, on sera quatre ou cinq notaires de la région de Dinan, et on pourra répondre à des questions portant, par exemple, sur le droit rural, bancaire, commercial, de la famille, de l'immobilier ou des sociétés. L'idée serait ensuite de pérenniser ce rendez-vous, pourquoi pas le premier samedi de chaque mois ? » Cette initiative est née en réaction au projet de loi Macron. Cette réforme vous fait peur ? « On voit bien que Bercy suit une demande de Bruxelles, consistant à nous rapprocher du modèle juridique anglo-saxon, où c'est le tribunal, au travers de la jurisprudence, qui fixe la règle, et non le code civil. Ce qui crée une insécurité pour les citoyens. Par exemple, aux États-Unis, les dossiers de vente de maison finissent souvent devant le tribunal, car l'acte n'est pas sécurisé juridiquement. Le projet de loi Macron sur la réforme des professions réglementées favorise la libre installation des notaires, alors qu'actuellement on nous oblige à reprendre une étude existante pour démarrer notre activité. Davantage de notaires ne veut pas dire davantage de dossiers. Autre grief, le projet de loi prévoit d'autoriser une tarification variable des actes, alors qu'elle est actuellement la même pour tous les notaires. Le total des frais s'élève à environ 8 %, mais il s'agit de taxes, le notaire ne touche que 0,825 %, pour des actes portant sur plus de 60.000 EUR. Avec cette réforme, on craint une perte d'égalité d'accès au droit pour nos clients, une ouverture à la concurrence et au final une baisse de 20 % de chiffre d'affaires ». Pourtant, les notaires ne sont financièrement pas à plaindre... « On est payé via un pourcentage du montant de la transaction, mais la hausse des prix de l'immobilier est révolue ! Et la complexité juridique s'est accrue, on passe donc plus de temps pour certains actes. La plupart des notaires s'endettent lourdement quand ils s'installent. Il n'y en a que 15 % qui reprennent l'étude de leurs parents. Si on baisse mon chiffre d'affaires de 20 %, je ne peux plus rembourser mon prêt. On est avant tout des chefs d'entreprise. Il faudra bien compenser cette baisse de chiffre d'affaires par des licenciements ou par la fin de la gratuité des conseils que l'on prodigue quotidiennement. Le risque, également, c'est que les grosses études de ville fassent disparaître les petites études des zones rurales. Ce serait la fin d'un maillage territorial dense. » Pratique Conseils gratuits auprès de notaires, lundi, au bar Le Duclos, de 9 h à 12 h. Notaires. Des conseils gratuits au comptoir

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