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St-Michel.  Isoler le bâti ancien : le casse-tête Dans le quartier Saint-Michel, un couple a eu un véritable coup de coeur pour un pavillon construit en 1929. Mais l'isolation de cette maison fut un véritable casse-tête administratif. Les propriétaires ont même failli jeter l'éponge ! Un jeune couple, ayant fait le choix de s'installer dans le quartier Saint-Michel, a été séduit par une maison datant de 1929, boulevard Magenta. La rencontre avec les propriétaires précédents a été déterminante. « Nous avons eu un coup de coeur. Les propriétaires avaient un véritable attachement pour ce lieu. Ils ont pris soin, avant de partir, de nous faire rencontrer les voisins. Maintenant, nous avons pris le relais. Nous nous sentons bien ici. » Sans cet attachement pour le pavillon, le nouveau propriétaire, Ludovic Durand (*), aurait bien jeté l'éponge l'été dernier. Les tracasseries administratives ont bien entamé son moral. Isolation renforcée À la suite de son acquisition, Ludovic Durand entreprend des recherches pour isoler la maison, s'informe sur le choix des matériaux. « Il est nécessaire de s'entourer de gens dont c'est le métier. On se rend vite compte que c'est très prenant. Il y a bien sûr l'évaluation énergétique, le dépôt d'un dossier de demande de prêt. On arbitre bien sûr, en fonction du budget. Mon premier objectif était l'amélioration du confort de la maison, également la consommation énergétique et aussi la valeur du bien. » Dans sa quête d'informations, il est conduit vers Bâtipôle (centre d'information et d'exposition sur la construction et la rénovation durable), à Ploufragan. Il assiste à un speed-dating entre professionnels du bâtiment et particuliers. « C'était très intéressant et cela m'a permis de porter le projet à maturité, de prendre des idées, d'avoir des contacts. L'ALE (agence locale de l'énergie) m'a aussi apporté son aide ». « Une passoire thermique » Il choisit B3E, un bureau d'études expert en énergie, dirigé par Jean-Yves Olivier à Langueux. « Il suffisait de voir l'extérieur avant les travaux et de remarquer que c'était une vraie passoire thermique ! Il y a de nombreuses maisons dans ce cas », explique ce dernier qui réalise des calculs rigoureux. Ludovic Durand prend la décision d'isoler par l'extérieur. Ce qui lui permet de pouvoir occuper les lieux rapidement. Dans un premier temps, il dépose un projet avec un bardage bois. « J'étais optimiste. Malheureusement, notre dossier a obtenu la note de zéro ! Sans explication. On ne comprend pas. J'avais téléchargé le document de déclaration préalable d'ouverture de travaux. Il n'y a malheureusement pas de site qui nous informe de ce qui est possible de faire, ce qui est interdit. C'est un enjeu qui n'est pas neutre sur le plan financier. Les procédures sont de plus en plus techniques. » Après une seconde étude avec de nouveaux artisans, un second projet voit le jour. Il s'agit toujours d'isolation extérieure avec la pose d'un enduit isolant gratté sur support polystyrène. Le dossier est examiné. « Nouvelle déception, les Bâtiments de France nous demandent de ne pas toucher à la façade. Trois côtés de la maison : oui et le reste on fait comment ? Lorsque j'ai voulu savoir, on m'a répondu "Vous auriez dû venir nous voir avant !". En bon élève, on suit la procédure, mais tout cela manque de transparence. Lorsque l'on dépose un dossier, on espère et c'est la mise en échec ; on a envie de lâcher ». Une situation que Philippe Perreira, artisan enduiseur façadier, connaît bien : « Nous avons de nombreux exemples de déclarations de travaux et de clients qui abandonnent ou ont envie d'abandonner. C'est un vrai problème ». Avalanche de contraintes L'isolation de la façade se fera finalement par l'intérieur. Les contraintes ne s'arrêtent pas là. Ludovic Durand doit faire appel à un plombier et un l'électricien. De plus, il est obligé de respecter le dessin des fenêtres. La porte d'entrée doit être à l'identique. Il a dû rechercher un artisan qui accepte. « Tout cela augmente la facture. Tous les politiques insistent pour la mise en oeuvre de la rénovation énergétique. Mais dans le concret, c'est très difficile. Les artisans réalisent un travail remarquable ». À l'issue des travaux la consommation énergétique sera divisée par 7,5. Une nouvelle expertise sera réalisée par Yves Olivier. * Ludovic Durand, nom d'emprunt. St-Michel. Isoler le bâti ancien : le casse-tête

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